L’intelligence artificielle ne demande plus la permission d’entrer dans les cabinets médicaux. Elle y est déjà.
Pas sous la forme spectaculaire des robots chirurgiens ou des diagnostics automatisés qu’on nous promet depuis des années. Non, l’IA s’installe plus discrètement : dans les suggestions de ChatGPT, dans les outils de transcription des consultations, dans les synthèses de littérature scientifique …
Et c’est précisément cette banalisation qui demande de la vigilance.
Quand un outil devient « normal » avant d’être pleinement compris, il est facile de l’utiliser de manière intuitive, sans prendre le temps de se poser certaines questions essentielles :
- quelle différence entre reformuler un compte-rendu avec l’IA et lui partager des données patients?
- comment s’assurer que la suggestion d’un outil est médicalement pertinente?
- où se situe la frontière entre l’assistance et la délégation de jugement clinique?
Ces questions méritent qu’on s’y arrête, car elles touchent à la responsabilité médicale, à la protection des données patients, et surtout à la préservation de ce qui fait le cœur de votre métier : votre jugement clinique.
Le poids du quotidien : quand le travail administratif grignote le médical
Les médecins hospitaliers consacreraient 20% de leur temps de travail à la documentation, soit environ 2 heures par jour (Le Temps, janvier 2020). Les médecins-assistants sont les plus touchés, avec près de 3 heures quotidiennes.
En France, les généralistes estiment travailler 50 heures par semaine, dont 7 heures exclusivement dédiées aux tâches administratives (Mutuelle du Médecin). Et 78% d’entre eux constatent que ce temps est en constante augmentation.
Cette réalité, vous la vivez au quotidien. Le compte-rendu qui attend après 20h. Le dossier patient électronique dont l’ergonomie laisse à désirer. Les certificats et attestations qui s’accumulent.
L’IA promet de soulager cette charge. Des entreprises comme Nabla (France) ou Abridge (États-Unis) développent des assistants de documentation médicale. Les médecins utilisateurs rapportent un gain de 4 à 6 heures par semaine (Medtech France, novembre 2025).
La promesse est réelle. L’enjeu est de l’exploiter dans les bonnes conditions : en sachant ce qu’on peut déléguer, ce qu’on doit vérifier, et ce qui relève de votre seule responsabilité.
L’enjeu invisible : reprendre le contrôle plutôt que subir le changement
Une enquête Medscape auprès de 1077 médecins français révèle que 20% utilisent l’IA pour des recherches sur des pathologies, 12% pour des tâches administratives, 11% pour établir des diagnostics (Santé Mentale, octobre 2024).
L’adoption de l’IA dans le secteur médical reste donc mesurée.
Dans le même temps, le marché de l’IA en santé explose : 12,5 milliards de dollars en 2024, avec une projection à 38,4 milliards d’ici 2032 (Future Market Report). Les investissements affluent, les outils se multiplient.
Entre ces deux réalités, il y a une fenêtre d’opportunité. Celle de définir comment vous souhaitez intégrer l’IA dans votre pratique, plutôt que de vous adapter à des outils imposés par d’autres.
L’enjeu n’est pas « faut-il utiliser l’IA ? » (elle est déjà présente). Mais comment l’intégrer de manière maîtrisée, sans compromettre ce qui fait de vous un médecin ?
Ce que les formations IA médicales techniques négligent : vous n’êtes pas qu’un clinicien
La plupart des formations IA pour médecins se concentrent sur les principes, outils et usages de l’IA appliqués à la médecine : apprentissage automatique, deep learning, traitement du langage naturel, imagerie médicale et intégration clinique.
D’autres formations sont orientées sur les outils IA ou des cas d’usage spécifiques : comment utiliser ChatGPT pour reformuler un compte-rendu. Comment synthétiser un article scientifique. Comment préparer une consultation.
C’est utile. Mais c’est incomplet.
Parce que la réalité professionnelle des médecins ne se limite pas à l’acte médical. Vous êtes à la fois :
- clinicien : consultations, diagnostics, suivis
- gestionnaire : organisation du cabinet, planification, coordination
- décideur : choix de carrière, investissements, développement professionnel
- communicant : relation avec les patients, visibilité professionnelle, réputation
Et dans chacune de ces dimensions, l’IA peut jouer un rôle (à condition de savoir lequel, et dans quelles limites).
C’est cette approche transversale que la plupart des formations ne proposent pas. Elles vous apprennent à utiliser un outil pour une tâche. Elles ne vous aident pas à repenser votre pratique dans son ensemble.
L’exemple de la visibilité professionnelle
Prenons un cas concret rarement abordé dans les formations médicales : votre présence en ligne.
Que vous le vouliez ou non, votre nom circule sur Internet. Des patients vous cherchent sur Google avant de prendre rendez-vous. Des confrères consultent votre profil LinkedIn. Votre réputation se construit en partie hors de votre contrôle.
L’IA peut vous aider à reprendre la main : structurer un profil professionnel sobre et crédible, rédiger des contenus pédagogiques pour vos patients, clarifier votre positionnement sans tomber dans l’autopromotion.
Ce n’est pas de la médecine. Mais ça fait partie de votre réalité professionnelle. Et c’est exactement le genre de dimension que les formations purement techniques ignorent.
Au-delà de la technique : la méthodologie
La vraie question n’est pas « comment utiliser ChatGPT ? ». C’est :
- où placer le curseur entre assistance et délégation ? Comment utiliser l’IA pour préparer sans compromettre votre jugement clinique ?
- comment combiner efficacité et respect du cadre réglementaire ? Que dit le RGPD sur l’utilisation d’outils tiers ? Comment préserver le secret médical dans vos interactions avec l’IA ?
- comment construire une pratique durable ? Comment faire de l’IA un levier d’amélioration sans créer de nouvelles dépendances ?
Ces questions dépassent largement la technique. Elles demandent une approche méthodologique qui englobe votre pratique dans toutes ses dimensions : médicale, organisationnelle, déontologique et personnelle.
C’est précisément cette vision d’ensemble qui distingue une formation solide d’un simple tutoriel technique.
Formation IA des médecins : un défi et une opportunité
Dans mes échanges avec les médecins que j’accompagne chez Optimal, je constate une évolution du marché. Les grands hôpitaux belges recherchent des praticiens capables de s’adapter aux transformations du secteur, tout en maintenant un haut niveau d’exigence professionnelle.
L’IA fait partie de ces transformations. Mais contrairement à l’imagerie médicale ou aux dossiers patients électroniques (qui se sont imposés par décision institutionnelle), l’IA générative laisse une marge de manœuvre individuelle importante.
C’est à la fois une opportunité et un défi. Une opportunité parce que vous pouvez choisir comment l’intégrer à votre pratique. Un défi parce que l’absence de cadre imposé vous demande de construire votre propre approche.
Les médecins qui investissent dans une formation solide (pas uniquement technique, mais méthodologique et déontologique) se donnent les moyens de piloter cette intégration plutôt que de la subir.
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Une approche différente : la formation Cercle IA pour médecins
Je vous présente la formation pour médecins développée par Cercle IA.
Son approche se distingue justement par une vision transversale avec un programme qui couvre trois axes complémentaires :
- Module 1. Comprendre : vous posez un cadre clair sur ce qu’est réellement l’IA aujourd’hui, pourquoi elle peut produire des erreurs plausibles, où se situe la responsabilité médicale, et ce que vous pouvez faire ou non. Vous repartez avec une grille de lecture et des garde-fous concrets.
- Module 2. Performer : vous utilisez l’IA là où elle fait réellement gagner du temps : structuration de dossiers, préparation de consultations, synthèse d’informations, organisation personnelle et paraprofessionnelle, communication avec les patients. Vous construisez une bibliothèque de prompts réutilisables, adaptée à votre quotidien.
- Module 3. Transformer : vous prenez de la hauteur sur ce que l’IA transforme vraiment dans la pratique médicale, comment innover sans perdre votre rôle de médecin, quelle place donner à la communication et à la visibilité professionnelle. Vous repartez avec un playbook personnel.
Au-delà de l’usage clinique de l’IA, le programme intègre :
- La gestion des connaissances et l’organisation professionnelle
- Les décisions de carrière et le développement professionnel
- La communication et le personal branding médical
Tout cela sans sortir du cadre déontologique. Les cas utilisés sont fictifs, le respect du secret médical est un principe non négociable, et le RGPD est intégré dès le départ.
Le formateur, Tarik Hennen, apporte une perspective complémentaire : ancien avocat spécialisé en droit européen, il enseigne désormais l’IA générative à l’IHECS et à l’EPHEC. Cette double compétence juridique et pédagogique se reflète dans le programme.
Le format est adapté aux agendas médicaux : 3 modules de 1h30 en ligne, sur 3 mercredis consécutifs, avec des groupes restreints pour favoriser les échanges. Chaque session est enregistrée et accessible en replay.
Par où commencer
Que vous choisissiez cette formation ou une autre approche, l’essentiel reste le même : développer une posture réfléchie face à l’IA.
Dans cinq ans, l’IA sera aussi intégrée dans les cabinets médicaux que le sont aujourd’hui les messageries électroniques. La différence entre ceux qui l’utilisent bien et les autres ne sera pas technique. Elle sera méthodologique et déontologique.
Vous avez aujourd’hui l’opportunité de définir comment vous souhaitez intégrer ces outils dans votre pratique. C’est une opportunité qui mérite qu’on s’y attarde.
Sources citées
- Le Temps (janvier 2020) – « Les médecins des hôpitaux sont toujours plus occupés par l’administration »
- Mutuelle du Médecin – « Les médecins généralistes inquiets face à la dérive des tâches administratives »
- Medtech France (novembre 2025) – « IA santé : où les milliards se sont investis en 2025 ? »
- Santé Mentale (octobre 2024) – « Les médecins et l’intelligence artificielle »
- Future Market Report – « Intelligence artificielle (IA) dans les soins de santé – Taille du marché »